LA MALADIE D’ALZHEIMER

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative entraînant sur plusieurs années, la mort progressive et irréversible des neurones pour des causes qui demeurent encore mal connues. Cette dégénérescence neuronale va engendrer un syndrome démentiel se traduisant par une altération de plusieurs fonctions cognitives (mémoire, langage, schémas gestuels, fonctions visuo-spatiales et exécutives), des troubles du comportement (apathie, irritabilité) et une perte d’autonomie.
Bien que la fréquence de la maladie d’Alzheimer augmente avec l’âge, il est important de préciser que cette pathologie n’est pas une conséquence du vieillissement.

A ce jour, on estime à 860 000 le nombre de personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer en France et à 220 000 le nombre de nouveaux cas par an, ce qui en fait la démence la plus fréquente; la maladie d’Alzheimer représente en effet à elle seule 70 à 80 % des cas de démences. D’une manière générale, elle apparaît après 65 ans mais survient dans 45 % des cas après 85 ans.
Aussi, il faut savoir que la maladie d’Alzheimer n’est pas héréditaire sauf dans environ 0,5 % des cas, c’est-à-dire dans la forme dite familiale, où elle se déclare alors avant 65 ans.


LES LESIONS CEREBRALES DANS LA MALADIE D’ALZHEIMER

C’est Alois Alzheimer, médecin allemand, qui le premier identifie en 1906 les lésions cérébrales spécifiques de la maladie.

Deux types de lésions neuropathologiques caractéristiques de cette affection sont en effet observés :

- d’une part, l’accumulation anormale de déchets (agrégats de peptide bêta-amyloïde), habituellement éliminés dans le liquide céphalo rachidien, qui se déposent dans le cerveau et forment des plaques amyloïdes aussi appelées plaques séniles ; ces plaques vont gêner la transmission de l’information entre les neurones ;
- d’autre part, les dégénérescences neurofibrillaires (DNF) qui entraînent une modification du squelette des neurones en raison d’une anomalie de la protéine TAU à l’intérieur même du neurone conduisant ainsi à sa mort.

Ces lésions sont présentes 10 voire 15 ans avant les premiers signes cliniques de la maladie.


LES SYMPTOMES

Les symptômes de la maladie d’Alzheimer vont s’installer lentement et insidieusement. Ils n’évolueront pas de la même manière selon les personnes et ne seront pas systématiquement tous présents.
La plupart des malades n’ont pas conscience de leurs troubles et les inquiétudes émanent plutôt des proches. C’est en effet l’entourage qui va percevoir certains changements dans la personnalité et le comportement habituel de la personne.
Au fur et à mesure de l’étendue des lésions à différentes régions du cerveau de nouveaux symptômes vont apparaître. Ceux-ci auront un retentissement de plus en plus important sur les activités de la vie quotidienne de la personne malade, mais aussi sur sa vie sociale et familiale, et mener à un état de grande dépendance.

Les symptômes cognitifs

Les troubles de la mémoire : ils sont souvent les premiers symptômes de la maladie et en particulier les troubles de la mémoire des événements récents. C’est en effet dans une région du cerveau que l’on appelle l’hippocampe et qui joue un rôle essentiel dans la mémorisation de nouvelles informations qu’apparaissent généralement les premières lésions.
La personne ne va par exemple plus se souvenir de ce qu’elle a fait la veille, de l’endroit où elle a rangé certains objets ou oublier des rendez-vous.

Les troubles de l’orientation spatiale et temporelle : la personne va présenter une désorientation dans l’espace, en se perdant dans des lieux qui lui sont familiers ; elle va également perdre la notion du temps.

Les troubles du langage (ou aphasie) : ces troubles se manifestent dans un premier temps par des difficultés à trouver ses mots, l’emploi d’un mot pour un autre, et évolue vers l’utilisation d’un jargon et des troubles de la compréhension.

L’apraxie : ce symptôme engendre une difficulté d’exécution des gestes tout en ayant des capacités motrices préservées; la personne ne saura plus comment utiliser certains objets (comme un téléphone par exemple) ; elle peut aussi utiliser une partie de son corps comme objet (ex : le doigt comme brosse à dents) ou avoir des difficultés à s’habiller ne sachant plus comment enfiler ses vêtements.

L’agnosie : c’est un trouble de l’identification perceptive (visuelle, auditive, tactile, olfactive) responsable de difficultés à reconnaître par exemple visuellement certains objets ou visages, ou à reconnaître certains sons alors qu’il n’y a pas d’atteinte sensorielle.

Les troubles du calcul : ils vont se traduire par des difficultés dans les opérations de calcul, de lecture et d’écriture de chiffres gênant par exemple le règlement de courses chez les commerçants, ou la rédaction de chèques.

Les troubles des fonctions exécutives : ces fonctions entrent en jeu dans de nombreuses activités de la vie quotidienne. Elles permettent le contrôle et la réalisation de tâches complexes. Elles font appel à diverses capacités cognitives telles que des capacités de pensée abstraite, de raisonnement, de planification et d’organisation des tâches, de maintien de l’attention.


La maladie d’Alzheimer s’accompagne aussi de troubles du comportement et de l’humeur.


Les symptômes psychologiques et comportementaux


Les idées délirantes : elles désignent une croyance inébranlable correspondant à une conception fausse de la réalité ; la personne peut être persuadée par exemple qu’elle a été victime de vol ou que des gens lui veulent du mal.

Les hallucinations : ce sont des perceptions sensorielles sans objet ; dans la maladie d’Alzheimer elles sont le plus souvent visuelles (ex : voir de personnes qui ne sont pas présentes) ou auditives (ex : entendre des voix).

La dépression : celle-ci peut se manifester par de la tristesse, une perte de plaisir, un découragement quant à l’avenir, une perte d’estime de soi, un désir de mourir.

L’anxiété : elle correspond à un état d’alerte, de tension physique et psychologique pénible en lien avec un sentiment de crainte et d’inquiétude. Elle peut provoquer des réactions émotionnelles excessives face à un événement banal.

L’euphorie : état émotionnel où prédomine l’exaltation de l’humeur (humeur trop joyeuse, humour puéril).

L’apathie : c’est un trouble de la motivation se caractérisant par une réduction des centres d’intérêt, une moindre participation aux activités habituelles, un manque d’initiative, une indifférence à soi et aux autres ainsi qu’à une diminution des réactions émotionnelles.

La désinhibition : s’exprime par une perte des convenances sociales (ex : paroles ou comportements déplacés).

L’agressivité et l’agitation : la personne peut être agitée et susceptible d’avoir des manifestations  de colère, verbales et/ou physiques, suite à une frustration par exemple. Cela peut se traduire également par des réactions d’opposition lorsqu’on essaye de s’occuper d’elle.

L’irritabilité et la labilité émotionnelle : le malade peut se montrer facilement irritable et grincheux et être d’humeur changeante.

Les comportements moteurs aberrants : comme des déambulations avec ou sans but, ou des activités répétitives (ex : boutonner et déboutonner ; tripoter des objets).


Parallèlement à ces troubles cognitifs et psycho-comportementaux, on retrouve des troubles du sommeil (ex : réveils, agitation, déambulations nocturnes) ainsi que des troubles de l’appétit (ex : refus alimentaire, changement des goûts alimentaires, troubles de la mastication et de la déglutition).


Les familles peuvent se sentir démunies face aux comportements de leur proche atteint par cette maladie. Afin de venir en aide à l’entourage, l’association France Alzheimer propose dans différentes régions, des programmes de formation permettant de mieux comprendre les symptômes de cette affection et de s’y adapter au quotidien. Cette association organise également des rencontres lors de Cafés mémoire® animés par un psychologue et des bénévoles, où sont conviés les proches et les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer dans le but de partager leurs expériences et leurs vécus.


LES TRAITEMENTS

Actuellement, il n’existe aucun traitement curatif de la maladie d’Alzheimer mais uniquement des médicaments qui ont pour objectif de ralentir la progression des symptômes. Des recherches pharmacologiques sont en cours et laissent espérer la mise au point de stratégies thérapeutiques pour lutter plus efficacement contre la maladie et aboutir peut-être un jour à sa guérison.
Par ailleurs, des études ont montré que certains facteurs tels que le niveau d’éducation, la profession exercée, la stimulation cognitive, les interactions sociales, la variété des loisirs, l’activité physique, la nutrition, pourraient retarder l’apparition des premiers symptômes.


Pour en savoir plus : www.francealzheimer.org